AXE 1 : Mondes défaits / Mondes refaits

Responsables : Dejan Dimitrijevic, Frédéric Le Marcis.

Equipe : Thierry Boissière, Bianca Botea, Dejan Dimitrijevic, Pauline Guedj, Frédéric Le Marcis, Abderrahmane Moussaoui, Martin Soares.

Que l’on regarde le « vieux continent » ou le « nouveau monde », à l’Est comme à l’Ouest, force est de constater que l’expérience de la perte subsume toute autre perception. Perte de l’Etat-Nation, perte des frontières, perte d’une sécurité que l’on croyait assurée, perte d’une croyance en un progrès linéaire vers plus de démocratie. Face à cette expérience qui caractérise le contemporain, l’incertitude domine. Ce statut d’incertitude manifeste la tension entre ce que nous nommons les Mondes défaits et les Mondes refaits.

Dans cette tension, il n’est pas simplement question du passé et du présent (ou de son futur proche), il est aussi question de transformation de paradigmes, de l’effondrement de grands récits, de l’émergence du nouveau, de l’invention de formes inédites du politique mais aussi de l’écriture de nouvelles utopies dont certaines ont parfois plus à voir qu’il n’y paraît avec celles des Mondes défaits (Millénarisme, Santé Globale, etc.). Dans ce contexte, de nouveaux savoirs sont produits, ils circulent et sont contestés et ce à diverses échelles, du plus local aux grands ensembles régionaux (Petric, 2012).

Les chercheurs réunis dans cet axe interrogent les tourmentes contemporaines comme les promesses de sécurité. Leur intérêt se focalise en premier lieu sur des situations qui semblent bloquées (qu’elles concernent le politique, l’économique ou la santé) mais où pourtant apparaissent de nouveaux liens et de nouvelles manières de s’organiser pour vivre ensemble. Sociétés et individus négocient les reconfigurations des Mondes, à l’échelle individuelle et collective.

Quelles façons de reconstruire un rapport à l’Etat quand celui-ci n’est plus, ou plutôt quand les sources de pouvoir et de légitimité sont multiples ? Quels réaménagements de l’espace des possibles après des expériences traumatiques ? Quelles formes de gouvernementalité se dessinent dans l’avènement de nouveaux paradigmes dans le secteur de la santé ? Quels sont les ressorts (souvent globaux) des régimes de vérité qui légitiment le pouvoir dans les sociétés où nous travaillons et quelles résistances rencontrent-ils, quelles négociations et traductions sont à l’œuvre ?

Les travaux de cet axe, menés sur de multiples terrains, par des investigations de longue durée, s’organisent autour de deux thématiques :

  • Faire société en situations de violences, de menaces et de transitions incertaines.
  • Reconstruction, production de savoirs et utopies.

AXE 2 : Natures incertaines, Mondes incorporés

Responsables : Michèle Cros, Emilia Sanabria

Chercheurs titulaires : Julien Bondaz, Michèle Cros, Patrick Deshayes, Emilia Sanabria, Kristina Tiedje.

Cet axe porte sur les rapports des humains aux environnements (natures) et à la santé (corps), deux domaines en crise, confrontés aux changements environnementaux et climatiques et aux développements de la biomédecine et des biotechnologies. Dans l’entreprise de redéfinition des frontières de l’humain et du vivant, les chercheurs de cet axe se proposent d’interroger les champs historiquement constitués de la discipline que sont l’anthropologie de la nature, l’anthropologie de la santé et l’anthropologie du corps.

Cet axe privilégie une ethnographie des pratiques, portant sur les processus qui singularisent les rapports entre les humains et les entités qui les entourent et sur les différentes formes (politiques, économiques, magico-religieuses, patrimoniales, esthétiques) et les échelles variées qui tendent à instituer ces rapports.

Il s’agit pour nous de reconnaître la multiplicité (Mol 2002) qui constitue la condition contemporaine, une multiplicité ontologique parfois contradictoire, souvent violente, produite par les rencontres, appropriations, traductions, transformations, entre les humains et les non-humains.

Nous faisons dialoguer des approches conceptuelles et des littératures anthropologiques qui s’ignorent souvent, autour de trois thématiques :

  1. Transformations : Substances et incorporation.
  2. Santé, Corps, Environnements : Incertitudes et jeux d’échelle.
  3. Frontières du vivant.